mercredi 27 janvier 2010

Oedipe, quelques notes d'intention

Se replonger dans la tragédie antique, c’est s’exposer à un récit d’une cruauté inouïe, où l’acteur brûle les planches comme un supplicié sur son bûcher et où le théâtre recouvre son essence primitive, celle d’être l’art de la chair et de sa mutilation. Le sacrifice humain n’y est pas vu comme une irréductible folie, mais plutôt comme un mal nécessaire à la purification de la collectivité.
Automutilation, auto-dénonciation, auto-exclusion, l’histoire d’Oedipe parle de ce sacrifice, de l’inévitabilité de son destin, qui est de passer de roi à paria, de messie à martyr, de clairvoyant à aveuglé. Le salut passe ici par l’écroulement total des valeurs sociales. Œdipe roi est, parce que roi, la victime toute désignée pour le sacrifice humain.

  1. Le matériau primaire de la scénographie est l’eau, ainsi que ses déclinaisons biologiques: le sang, les larmes, le foutre.
  2. La dramaturgie s’articulera autour du constat des corps de ceux qui seront convoqués sur scène.
  3. L’incertitude est ici érigée en vertu.
  4. Le résultat de l’activité ludique se doit par essence de rester incertain, car un déroulement connu d’avance ruine immanquablement le plaisir du jeu, et le jeu lui-même.
  5. Jouer, donc, mais selon des règles, des temps, et des lieux réservés, fixer ces contingences, voilà le rôle qui incombe à la scénographie. En ça, Oedipe Roi se rapproche plus des arts plastiques que des us et coutumes théâtraux. Il s'agit de rompre une fois encore avec les canons classiques en y introduisant des « real time performances » - sortes d'installations vivantes qui se développeront au grè de la logique modale fixée par l'environnement scénique.

mardi 12 janvier 2010

samedi 19 décembre 2009

lundi 14 décembre 2009

réponse à jcdb

Il y a effectivement bien des choses à dire sur la scénographie et sa mutation, sinon qu'elle est permanente, et donc défiant l’idée même de définition. Trop de choses. Pas assez de temps.

J’observe : Fabre puis Castellucci associés à Avignon ; Eliasson, Kapoor et Zhang Huan à l’ouverture des dernières saisons de la Monnaie ; l'évolution actuelle du paysage scénique et la manière avec laquelle le plasticien se substitue au binôme metteur en scène/scénographe, plutôt que d’enfermer notre discipline dans un carcan, devrait nous pousser à retourner dans une condition d’ignorance, d’innocence.

De plus, la nature profonde du théâtre est sauvage, dangereuse, transgressive, belle. Et ce serait la mutiler que de vouloir y circonscrire des rôles trop rigides au sein de rapports trop hiérarchisés, entre dramaturge et scénographe, entre texte et image. Le théâtre est pour moi avant tout l’art de la chair, au delà de cette dérive, je ne sais pas si je suis déjà capable de lui trouver une autre définition.

Je crois bien que non.

Bien à toi

Boris

jeudi 3 décembre 2009

Point de Beauté - à Genève

Cette performance a eu lieu au théâtre du Grütli, à Genève, le 19 novembre 09.
Un point de beauté a été prélevé en public lors d'une opération chirurgicale. Ce point a ensuite été mis aux enchères, ouvertes à 1 CHF, et remportées à 25 CHF par Sonia Rickli.




lundi 2 novembre 2009

mercredi 14 octobre 2009

Enucleation

ou Un Gentil Suicide



jeudi 24 septembre 2009

dimanche 26 avril 2009

mardi 24 mars 2009

le Roi Creux II

Le corps est esprit, le théâtre ne pense pas, il doit être creux. Le costume fait la doublure; et la couronne: le Roi.

dimanche 15 mars 2009

vendredi 20 février 2009

point de beauté





Description pragmatique du déroulement de la performance.


Je suis torse nu, j’attends, le public est là lui aussi, il me regarde, on vient tracer un cercle en pointillés rouges autour d’un point de beauté, sur mon dos. Peut-être c’est Hugues? Je m’en fous, je le vois pas. Je me couche sur le ventre sur une table, un champs opératoire rouge est étendu sur mon corps par la même personne. Le public ne voit maintenant plus rien de moi, à l'exception du point de beauté encadré par une découpe faite dans le jersey rouge qui me recouvre. Des flacons de formol avec une étiquette et différents prix écrits dessus ainsi qu’une curette dermatologique sont posés à coté, sur une tablette en inoxydable. Une autre performance s'enchaîne, moi, je reste là, couché, j’attends.

Aux Halles, un dermatologue en tablier de jersey rouge coupera et recoudra après avoir déposé le point dans un des flacons. Le flacon, je le prends dans ma main, je me lève, j’ouvre les enchères pour le vendre, disons à 20€. Voilà, 20€ pour mes cellules cancéreuses, 20€ pour un mélanome, 20€ pour un point de beauté, 20€ pour la beauté d’une incarnation.