vendredi 5 décembre 2008

spider





Tu dis -trois mois, c’était limite


Tu es assise sur les toilettes, tu as fermé la porte de la salle de bain à clef, tu ne veux pas que je regarde, ton pantalon est descendu mais pas jusqu’en bas, de sorte que tu puisses te cacher ta tête dedans, tu sens l’odeur de ta culotte, et le sang sombre qui avait déjà commencé à couler dessus dans le métro, tu dois avoir l’air con comme ça, tu bois une bière pour te donner du courage, tu réalises malgré ça que tu pleures depuis un moment- à chaque nouveau bruit mou qui tombe dans l’eau, tu te retournes pour vérifier que ça y est peut-être, ça va y être, ça va peut-être y être. ça y est.

*bruit mou qui tombe, rouge cramoisi sur fond blanc émaillé de la cuvette
.
Tu dis -Je crois que ça y est.
















Plusieurs jours après, peut-être deux semaines, on a plus osé se laver.

Salle de bain, flaques de lumière grise dans la baignoire, un cendrier posé là, des mégots de cigarette avec des traces de rouge à lèvre sur le filtre. Une araignée noire. tu es entrain de pisser et de lire un livre de John Milton, le Paradis Perdu.

Tu dis -(en rigolant) J’avais peur que ça aie bouché les canalisations.
Tu dis -Moi ça ne m’a pas gêné, j’aime bien mon odeur et celle de ma crasse,
mais uniquement la mienne.
Tu dis -D’abord celle de la cire des cheveux: quand il pleut,
elle coule sur le visage et vient piquer le nez & les yeux, et rendre la bouche grasse et collante quand tu l’embrasses.
Tu dis -L’odeur des dessous de bras.
Tu dis -Et l’entre jambe, ...
Tu dis -... quand on y passe la main et que les effluves de merde se mélangent à celles des oignons entre les ongles.
Tu dis - Le foutre coagulé sur les poiles pubiens,
comme le parfum salé du large,
et des jours romantiques et ensoleillés où on buvait de la bière sur la jetée.

Quand le rêve mordait encore un peu du réel.

Et là, elle écrase le ventre de l’araignée sur le dos du Paradis Perdu.

Tu dis - j’ai besoin de violence comme on a envie de pisser.

En fermant les yeux, on peut presque en avoir la nausée, avec un arrière goût de nostalgie, et la mal de la mer.




vendredi 21 novembre 2008

la nuque



L’échine se courbe

La tête est lourde

La nuque s’allonge.

Un courant d’air la frôle, un mot, une main dans une caresse qui rend le monde à la réalité.

*Convulsion

-Moi je pensais être seul, seul avec ma tête, à l’éplucher couche par couche.

-Alors il faut couper, couper cette nuque, et ce corps avec, et frapper la jugulaire, et frapper la voix.

-Et laisser le corps se tirer comme un poulet sans tête.

-Le laisser poursuivre sa route, le regarder trainer et s’éparpiller dans la fange et le foutre.

-Le laisser se frotter comme se frotte les chiens, dans le frôlement des corps et des mots qui rend le monde à la réalité.

Se taire

Enfin.

vendredi 31 octobre 2008

vendredi 26 septembre 2008

mercredi 2 avril 2008

jeudi 13 mars 2008

dimanche 24 février 2008