Il y a effectivement bien des choses à dire sur la scénographie et sa mutation, sinon qu'elle est permanente, et donc défiant l’idée même de définition. Trop de choses. Pas assez de temps. J’observe : Fabre puis Castellucci associés à Avignon ; Eliasson, Kapoor et Zhang Huan à l’ouverture des dernières saisons de la Monnaie ; l'évolution actuelle du paysage scénique et la manière avec laquelle le plasticien se substitue au binôme metteur en scène/scénographe, plutôt que d’enfermer notre discipline dans un carcan, devrait nous pousser à retourner dans une condition d’ignorance, d’innocence. De plus, la nature profonde du théâtre est sauvage, dangereuse, transgressive, belle. Et ce serait la mutiler que de vouloir y circonscrire des rôles trop rigides au sein de rapports trop hiérarchisés, entre dramaturge et scénographe, entre texte et image. Le théâtre est pour moi avant tout l’art de la chair, au delà de cette dérive, je ne sais pas si je suis déjà capable de lui trouver une autre définition. Je crois bien que non. Bien à toi Boris
lundi 14 décembre 2009
réponse à jcdb
jeudi 3 décembre 2009
Point de Beauté - à Genève
lundi 2 novembre 2009
jeudi 15 octobre 2009
mercredi 14 octobre 2009
jeudi 24 septembre 2009
mercredi 3 juin 2009
dimanche 26 avril 2009
mardi 24 mars 2009
dimanche 15 mars 2009
vendredi 20 février 2009
point de beauté

Description pragmatique du déroulement de la performance.
Je suis torse nu, j’attends, le public est là lui aussi, il me regarde, on vient tracer un cercle en pointillés rouges autour d’un point de beauté, sur mon dos. Peut-être c’est Hugues? Je m’en fous, je le vois pas. Je me couche sur le ventre sur une table, un champs opératoire rouge est étendu sur mon corps par la même personne. Le public ne voit maintenant plus rien de moi, à l'exception du point de beauté encadré par une découpe faite dans le jersey rouge qui me recouvre. Des flacons de formol avec une étiquette et différents prix écrits dessus ainsi qu’une curette dermatologique sont posés à coté, sur une tablette en inoxydable. Une autre performance s'enchaîne, moi, je reste là, couché, j’attends.
Aux Halles, un dermatologue en tablier de jersey rouge coupera et recoudra après avoir déposé le point dans un des flacons. Le flacon, je le prends dans ma main, je me lève, j’ouvre les enchères pour le vendre, disons à 20€. Voilà, 20€ pour mes cellules cancéreuses, 20€ pour un mélanome, 20€ pour un point de beauté, 20€ pour la beauté d’une incarnation.
lundi 2 février 2009
samedi 31 janvier 2009
vendredi 5 décembre 2008
spider
Tu dis -trois mois, c’était limite
Tu es assise sur les toilettes, tu as fermé la porte de la salle de bain à clef, tu ne veux pas que je regarde, ton pantalon est descendu mais pas jusqu’en bas, de sorte que tu puisses te cacher ta tête dedans, tu sens l’odeur de ta culotte, et le sang sombre qui avait déjà commencé à couler dessus dans le métro, tu dois avoir l’air con comme ça, tu bois une bière pour te donner du courage, tu réalises malgré ça que tu pleures depuis un moment- à chaque nouveau bruit mou qui tombe dans l’eau, tu te retournes pour vérifier que ça y est peut-être, ça va y être, ça va peut-être y être. ça y est.
*bruit mou qui tombe, rouge cramoisi sur fond blanc émaillé de la cuvette
.
Tu dis -Je crois que ça y est.
Plusieurs jours après, peut-être deux semaines, on a plus osé se laver.
Salle de bain, flaques de lumière grise dans la baignoire, un cendrier posé là, des mégots de cigarette avec des traces de rouge à lèvre sur le filtre. Une araignée noire. tu es entrain de pisser et de lire un livre de John Milton, le Paradis Perdu.
Tu dis -(en rigolant) J’avais peur que ça aie bouché les canalisations.
Tu dis -Moi ça ne m’a pas gêné, j’aime bien mon odeur et celle de ma crasse,
mais uniquement la mienne.
Tu dis -D’abord celle de la cire des cheveux: quand il pleut,
elle coule sur le visage et vient piquer le nez & les yeux, et rendre la bouche grasse et collante quand tu l’embrasses.
Tu dis -L’odeur des dessous de bras.
Tu dis -Et l’entre jambe, ...
Tu dis -... quand on y passe la main et que les effluves de merde se mélangent à celles des oignons entre les ongles.
Tu dis - Le foutre coagulé sur les poiles pubiens,
comme le parfum salé du large,
et des jours romantiques et ensoleillés où on buvait de la bière sur la jetée.
Quand le rêve mordait encore un peu du réel.
Et là, elle écrase le ventre de l’araignée sur le dos du Paradis Perdu.
Tu dis - j’ai besoin de violence comme on a envie de pisser.
En fermant les yeux, on peut presque en avoir la nausée, avec un arrière goût de nostalgie, et la mal de la mer.
Tu es assise sur les toilettes, tu as fermé la porte de la salle de bain à clef, tu ne veux pas que je regarde, ton pantalon est descendu mais pas jusqu’en bas, de sorte que tu puisses te cacher ta tête dedans, tu sens l’odeur de ta culotte, et le sang sombre qui avait déjà commencé à couler dessus dans le métro, tu dois avoir l’air con comme ça, tu bois une bière pour te donner du courage, tu réalises malgré ça que tu pleures depuis un moment- à chaque nouveau bruit mou qui tombe dans l’eau, tu te retournes pour vérifier que ça y est peut-être, ça va y être, ça va peut-être y être. ça y est.
*bruit mou qui tombe, rouge cramoisi sur fond blanc émaillé de la cuvette
.
Tu dis -Je crois que ça y est.
Plusieurs jours après, peut-être deux semaines, on a plus osé se laver.
Salle de bain, flaques de lumière grise dans la baignoire, un cendrier posé là, des mégots de cigarette avec des traces de rouge à lèvre sur le filtre. Une araignée noire. tu es entrain de pisser et de lire un livre de John Milton, le Paradis Perdu.
Tu dis -(en rigolant) J’avais peur que ça aie bouché les canalisations.
Tu dis -Moi ça ne m’a pas gêné, j’aime bien mon odeur et celle de ma crasse,
mais uniquement la mienne.
Tu dis -D’abord celle de la cire des cheveux: quand il pleut,
elle coule sur le visage et vient piquer le nez & les yeux, et rendre la bouche grasse et collante quand tu l’embrasses.
Tu dis -L’odeur des dessous de bras.
Tu dis -Et l’entre jambe, ...
Tu dis -... quand on y passe la main et que les effluves de merde se mélangent à celles des oignons entre les ongles.
Tu dis - Le foutre coagulé sur les poiles pubiens,
comme le parfum salé du large,
et des jours romantiques et ensoleillés où on buvait de la bière sur la jetée.
Quand le rêve mordait encore un peu du réel.
Et là, elle écrase le ventre de l’araignée sur le dos du Paradis Perdu.
Tu dis - j’ai besoin de violence comme on a envie de pisser.
En fermant les yeux, on peut presque en avoir la nausée, avec un arrière goût de nostalgie, et la mal de la mer.
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